Journal intime des Serpentard.
Les garçons de Serpentard, portés disparus ?
Bonjour camarades, comme vous le savez tous, ou tout du moins je l’espère, cela fait maintenant un peu plus d’un mois que les travaux entrepris dans les dortoirs par notre équipe de maison sont achevés. C’est donc l’heure de dresser un bilan. Je ne vais pas étaler ma science à ce sujet. Le constat est simple à Serpentard : nous avons deux mondes différents. D’un côté des filles studieuses et respectueuses du règlement qui ont su exploiter tant bien que mal les avantages du nouveau système, de l’autre des garçons qui sont en tout et pour tout six, voire sept garçons qui dorment dans les dortoirs. J’en suis donc venu à me poser certaines questions quant aux pratiques nocturnes des garçons de Serpentard. Que font-ils de leurs nuits s’ils ne sont pas dans les dortoirs ?
De nombreuses possibilités vinrent alors à mon esprit.
Première option : Ils squattent chez les filles pour jouer à cache-cache (ou saute-mouton ?)
Je me suis très vite rendu compte de l’absurdité d’une telle hypothèse, en effet, avec la préfète Naïa Rosenberg armée de sa batte, difficile de jouer au rebelle.
Deuxième option : Ils vont trinquer à la cave tard le soir, espérant séduire quelques vipères québécoises.
Hypothèse également démentie, l’autre Galérienne étant aux aguets toute la nuit, veillant au bon déroulement des réunions de la secte. Comme je vous l’avais rapporté dans un des mes précédents articles, il s’agit de l’heure de réunion de la mafia québécoise, vous pensez bien que des meetings aussi privés sont étroitement surveillés par la serveuse Kate, batteuse à ses heures perdues.
Troisième option : Ils sont tellement sérieux qu’ils font des devoirs toute la soirée en salle commune.
On y aurait presque cru mais non. Les sabliers de la grande salle parlent d’eux-mêmes, nous sommes bon derniers, derrière toute la crasse du château, je doute donc que ces derniers fournissent le moindre effort à ce niveau.
Vous ne trouvez toujours pas de réponse au mystère qui entoure les garçons de Serpentard ? Je pense avoir la solution. Ces messieurs sont tout bonnement en voie de disparition. Il suffit de se rendre en salle commune pour s’en apercevoir, la supériorité numérique des filles saute aux yeux. Ces dernières sont partout, solidaires entre elles, prêtes à bondir sur le moindre petit boa qui oserait sortir du rang. La suprématie de la Galère est très révélatrice de ce revirement de situation qui touche notre maison. Comment deux filles, batteuses au Quidditch, l’une blonde et l’autre Québécoise, peuvent-elles être prétendre au rôle d’ambassadrices d’une maison aussi prestigieuse que la nôtre ? Comment pouvez-vous accepter cela, vous, illustres représentants du sexe fort ?
Un autre indice assez révélateur de cette hégémonie féminine à Serpentard : les membres du personnel. Il parait que les femmes se plaignent dans le monde des Moldus de ne pas avoir de postes à grandes responsabilités, et bien à Poudlard, encore plus à Serpentard, ce sont les hommes qui sont à plaindre ! Les professeurs sont toutes des femmes : Aqme, Julia Macmillan, Chloe Yang, la bibliothécaire en chef est une femme : Alya Evans, la photographe en chef est une femme : Kate Laflamme, bref ce n’est pas sorcier, elles ont tout, nous n’avons rien. Ah si, Wilde, Milan et Crok Mitaine sauvent l’honneur.
Vous l’aurez compris messieurs, nous sommes entrain de perdre notre honneur face à ces dames qui ont fait preuve de motivation et d’implication sans relâche pendant des années maintenant. Il ne suffit pas de bomber le torse et de montrer son insigne de Serpentard pour imposer le respect aux autres ou même espérer séduire ces demoiselles. Il fût un temps où nous étions les maîtres de Serpentard, mais ce temps est lointain maintenant et nous ne pouvons nous contenter de rester attachés au passé tels de vieux singes nostalgiques.
Ceci est donc un appel à vous, garçons et hommes de Serpentard à vous bouger davantage les fesses. Si vous êtes ici, c’est que vous avez certainement hérité du génie de Salazar et vous bénéficiez donc de l’étendue de ses talents, encore faut-il s’en servir au moment propice. Prenez donc exemple sur ces femmes ambitieuses que nous côtoyons tous les jours, le regard plein de haine et de mépris, au lieu de nous en inspirer et d’en tirer le meilleur, en l’occurrence cette persévérance sans faille dont elles font preuve au quotidien.
Nous avons certes un énorme retard à combler mais comme se plaisait à dire un célèbre dramaturge moldu, « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »
Je suis sûr qu’en donnant votre maximum et en vous investissant davantage dans la vie du château, camarades, nous pourrons combler ce fossé qui nous sépare des autres maisons et conforter alors le prestige ainsi que l’honneur qui nous définissent depuis tant de générations. Le sort de Serpentard est entre vos mains messieurs, prouvez à ces femmes que j’ai raison de croire en vous !
Optimus